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Prise d'otages en Absurdie

Dans un récent article publié sur le site Slate, L. Sagalovitsch s’inquiétait du retour de bâton que finiraient inévitablement par provoquer les outrances du wokisme. Pour lui qui « … partage la plupart des causes défendues … », mais «  ne goûte guère l'idéologie ambiante dominée par cette obsession quasi-maladive de tout entrevoir sous le prisme des minorités à défendre, qu'elles fussent culturelles ou sexuelles,  … les moyens employés sont si excessifs, autoritaires, parfois mêmes dictatoriaux que j'en viens par un renversement de valeurs à me détourner d'eux.  » Ses yeux sont donc grands ouverts, encore que, on pourrait s'étonner d'une prise de conscience un peu tardive et on remarque qu'il n'y a pas réellement de remise en question de l'idéologie sur le fond, uniquement sur sa forme. Ceci dit, après un début encourageant, la déception arrive par le truchement d’une petite musique de fond agaçante, empreinte de condescendance. En effet, les m
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La langue, le sexe et l'obsession idéologique

A la source du mouvement en faveur de l'écriture inclusive, il y a bien évidemment l'idéologie (nord-américaine) tribale, identitaire, victimaire, tout-systémique et du ressentiment qui a accouché du néo-féminisme anti-universaliste, et dont chacun a pu être témoin des manifestations. On pourrait considérer l'apparition de cette norme d'écriture comme le rejeton français des exigences "progressistes" sur les questions de genre, sujet d'âpres polémiques et affrontements dans le monde anglophone depuis de nombreuses années. La langue serait donc pour ces néo-progressistes, comme tout autre champ de la vie, un terrain d'oppression et de domination systémique masculine et blanche. What else? La langue française étant grammaticalement "genrée" contrairement à l'anglais, et ne disposant pas d'un neutre spécifique séparé du féminin et du masculin contrairement à d'autres langues romanes, il était inévitable qu'elle se retrouve sur le

To eat or not to eat, that is the question...

Dans un billet précédent, je mentionnais l'intervention à Sciences-Po Paris d'une chercheuse-trouveuse française qui expliquait le caractère raciste de la cuisine française, puisque cette dernière renforce la «  blanchité alimentaire  » du menu Gaulois en tant qu’expression de domination de notre «  identité raciale  ». Cuisiner et consommer des plats français quand on est soi-même français et de surcroit blanc - malheur ! - c’est donc, au pire, se vautrer dans le racisme, au mieux, se faire son allié. Eh bien, seriez-vous tentés de dire dans un moment d’égarement, s’il nous faut délaisser le navarin d’agneau, il nous reste encore la cuisine chinoise, mexicaine, marocaine, libanaise ou encore sénégalaise ! Pauvres naïfs que vous êtes... D’après de nombreux collègues de cette chercheuse ainsi que leurs ouailles, cuisiner et consommer des plats « non-blancs » lorsqu’on est soi-même blanc relève de l’appropriation culturelle, soit le vol à notre profit d’oppresseurs blancs du

On ne blanchit pas que l'argent sale...

Alors que la corruption identitaire des esprits progresse inexorablement, beaucoup de questions restent à explorer sur les manifestations et le modus operandi des missionnaires de l’idéologie woke . Au menu aujourd’hui, non pas des paupiettes de veau (ça renforce la blanchité gastronomique des convives, voyons…), mais «  blanchiment des idées  », ou «  idea laundering  » en anglais, un concept proposé par Bret Weinstein, le professeur de biologie victime du progressisme woke à l’université d’Evergreen en 2016. Les questions qui nous occupent, et qui ont probablement traversé l’esprit de beaucoup de citoyens effarés par les propos de « chercheurs-trouveurs » identitaires pourraient-être les suivantes : Comment peut-on appeler cela de la « recherche » ? Comment peuvent-ils affirmer que ce qu’ils avancent est bien le produit d’études académiques « sérieuses », en citant le fait que « des études ont démontré que… » pour appuyer la validité de leurs thèses ? Les « études » citées so

Bon appétit les racistes !

  Quelle ne fut pas ma totale absence de surprise de découvrir qu’un « chercheur » - une « chercheuse », pardon, mon atavisme patriarcal sexiste dominateur blanc fait des siennes - venait de faire pousser un énième rhizome de l’idéologie woke lors d’un colloque organisé par Science-Po Paris. A partir de son article intitulé " La blanchité de la cuisine française. Droit, Race, et Culture alimentaire en France " , elle explique sur le ton de l'évidence la plus absolue que la gastronomie française est une forme de «  blanchité alimentaire  », servant à « renforcer la blanchité comme identité raciale dominante  », façonnée par les «  normes imposées par les classes moyennes supérieures blanches » que sont les AOP ou le Patrimoine de l'Humanité, exclusifs (au sens d'exclusion) et racistes par essence. Il est vrai que la garbure des Pyrénées ou la poule-au-pot Gasconne furent inventées par des nantis Germanopratins. En bonne prédicatrice du mouvement, elle use com